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Le Bon Versant Ouvrir la carte

Bonnes pratiques

La carte dit où et quand chercher. Ce guide porte ce qu’elle ne sait pas : la manière de prélever, le droit du lieu, le respect de ceux qui y vivent et la prudence que demande la montagne.

Un sentier couvert de feuilles mortes sous des hêtres en automne
Photo : Krystall363, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons (recadrée)

Ce guide attend la relecture d’une société mycologique. Les règles par département sont un relevé informatif, pas un conseil juridique : les arrêtés en vigueur font foi.

Sous-bois de sapins et de hêtres sur des blocs de calcaire moussus, dans la forêt de Lente (Vercors)
Photo : peupleloup, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons (recadrée)

Prélever sans abîmer

Un champignon n’est que la partie visible d’un organisme qui vit dans le sol. Ce qu’on y fait aujourd’hui se voit à la pousse suivante.

  • Coupez ou tournez, n’arrachez pas. Un geste net au ras du sol, ou une légère torsion : le réseau de filaments sous la terre reste en place.
  • Ne ratissez pas. Gratter la litière blesse le sol et les racines. Si vous ne le voyez pas, laissez-le.
  • Ne marchez pas partout. Repassez dans vos traces plutôt que d’ouvrir un nouveau passage. Un sol tassé met longtemps à s’en remettre.
  • Rebouchez les trous. Remettez la terre et la litière en place, comme vous les avez trouvées.
  • Emportez un panier aéré. Un panier en osier ou un contenant ouvert laisse l’air circuler. Évitez les sacs fermés.
  • Ne prenez que ce que vous pouvez utiliser. Laisser le reste, c’est aussi laisser de quoi faire pousser la suite.

Propriété et accès

Un sentier sur la carte n’est pas une autorisation de passage.

  • Respectez les clôtures, les barrières et les panneaux. Une barrière que vous avez ouverte, refermez-la.
  • Ne passez pas dans les prés, les cultures ou les parcelles en exploitation.
  • Si un propriétaire ou un exploitant vous demande de quitter les lieux, partez, sans discuter.
  • Garez-vous sans gêner les accès : entrées de champ, chemins forestiers, passages d’engins. La marche estimée part d’un point de stationnement, mais elle ne dit pas si l’on peut s’y garer.
  • En cas de doute sur le statut d’un terrain, renoncez ou renseignez-vous en mairie.
Un tapis de mousse sur le sol d’une forêt de conifères
Photo : AS Photography from Poland, CC BY 4.0, Wikimedia Commons (recadrée)

Respect du milieu

  • Faune. Avancez sans bruit, évitez les secteurs de repos et de mise bas, ne poursuivez pas un animal que vous dérangez. Gardez votre chien près de vous.
  • Zones fragiles. Tourbières, pelouses d’altitude, abords de ruisseaux, éboulis stabilisés, jeunes plantations : contournez-les, même si la carte y indique un bon indice.
  • Déchets. Tout ce que vous emportez repart avec vous.
  • Traces de passage. Vingt cueilleurs sur le même chemin finissent par creuser un sentier. Variez vos itinéraires et ne marquez pas les arbres.
  • Lisières et sols remaniés. Talus, bords de piste et coupes récentes se piétinent vite : marchez au plus léger.

Périodes de chasse

En automne, la saison de pousse recoupe celle de la chasse. Les dates varient selon les départements ; nous ne les donnons pas.

  • Renseignez-vous auprès de la fédération départementale de chasse, et de l’ONF ou du gestionnaire du terrain, sur les jours de battue.
  • Vérifiez les dates locales avant chaque sortie.
  • Portez un vêtement bien visible, et faites-vous entendre si vous entendez des tirs ou des chiens.
  • Respectez les panneaux de battue : si un secteur est signalé, choisissez-en un autre.

Sécurité en montagne

Une zone à bon indice n’est pas forcément un terrain facile. Le sous-bois en pente, humide et feuillu glisse, et la nuit tombe tôt à l’automne.

  • Consultez la météo du massif, pas seulement celle de la vallée.
  • Fixez une heure de retour avec de la marge, au regard de la marche estimée et de la lumière.
  • Prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour.
  • Emportez de quoi vous couvrir et de l’eau. Chaussez-vous pour le terrain.
  • Le numéro d’urgence européen est le 112. En forêt et au fond des vallons, le réseau manque souvent.
  • Ne vous engagez pas seul dans un terrain que vous ne connaissez pas.

Règles de cueillette par département

Consultation des sources : 15/10/2026. Contenu informatif, pas un conseil juridique. Vérifiez les arrêtés en vigueur auprès de la préfecture (recueil des actes administratifs), de la mairie, du gestionnaire du parc ou de la réserve, et de l’ONF. Chaque règle porte un statut : vérifié (lu sur une page officielle), à confirmer (source secondaire ou contradictoire), non trouvé.

Socle national

Vérifié sur les pages des préfectures de Savoie et de Haute-Savoie. Il vaut partout, sauf réglementation locale plus stricte.

  • Forêt publique relevant du régime forestier (forêt domaniale, forêt communale gérée par l’ONF) : cueillette pour la consommation familiale présumée autorisée jusqu’à 5 L par personne et par jour, sauf réglementation locale contraire (Code forestier, art. R163-5).
  • Forêt privée : accord préalable du propriétaire (Code civil, art. 547 ; CNPF).
  • Au-delà de 5 L : cueillette frauduleuse. Entre 5 et 10 L, amende de 135 € selon les pages de l’État ; au-delà de 10 L, délit passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (Code pénal, art. 311-3 ; Code forestier, art. L163-11). Le CNPF mentionne une « amende maximale de 750 € » sous 10 L, ce qui contredit les pages de l’État : ce montant reste à confirmer.
  • Arrêté préfectoral : s’il existe, il s’applique à tous, propriétaire compris. Les arrêtés municipaux peuvent restreindre davantage la cueillette.
  • Parcs et réserves : leur règlement propre prime, et plusieurs interdisent toute cueillette.
  • Les truffes relèvent d’un régime plus strict, non traité ici.

Drôme (026)

  • Règle générale : non trouvée. Aucun arrêté préfectoral propre aux champignons n’a été identifié sur une page officielle. Des sources secondaires se contredisent : l’une affirme un arrêté autour de 5 L sans référence (à confirmer auprès de la préfecture). En attendant, appliquez la règle nationale la plus stricte : 5 L par personne et par jour.
  • Forêt publique : vérifié pour le socle national, sur des pages de l’État d’autres départements ; aucune page officielle drômoise lue.
  • Forêt privée : vérifié. Accord préalable du propriétaire.
  • Parc naturel régional du Vercors (partie drômoise) : aucune règle trouvée. Autres réserves : non recherchées ; renseignez-vous auprès de leur gestionnaire.

Isère (038)

  • Règle générale : à confirmer. Aucune limite départementale chiffrée n’a été retrouvée sur une page officielle. Des sources secondaires citent un arrêté préfectoral n° 2010-06151 du 22 octobre 2010, dont le texte et le statut actuel restent à confirmer. En attendant, appliquez la règle nationale la plus stricte : 5 L par personne et par jour.
  • Forêt publique : vérifié pour le socle national, sur des pages de l’État d’autres départements.
  • Forêt privée : vérifié. Accord préalable du propriétaire.
  • Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse : vérifié. La cueillette des champignons est interdite sur toute la réserve.
  • Cœur du Parc national des Écrins : vérifié. Cueillette autorisée pour la consommation domestique, un panier de 5 L par personne et par jour, sans ramasser toute une station, sans abîmer le sol et sans râteau ni outil griffant.
  • Parc naturel régional du Vercors : aucune règle trouvée. Autres réserves : non recherchées.

Savoie (073)

  • Règle générale : vérifié. Un arrêté préfectoral limite la cueillette des champignons à 5 L par personne et par jour sur tout le département (arrêté DDT/SEEF n° 2021-0496 du 14 juin 2021).
  • Forêt publique : vérifié. Cueillette familiale présumée autorisée jusqu’à 5 L, sauf réglementation locale contraire.
  • Forêt privée : vérifié. Accord préalable du propriétaire ; la limite de 5 L s’y ajoute.
  • Cœur du Parc national de la Vanoise : cueillette des végétaux interdite (vérifié) ; règle exacte pour les champignons à confirmer. Dans le doute, ne cueillez pas dans le cœur du parc.
  • Réserves naturelles nationales : à confirmer, chacune a sa réglementation ; consultez son gestionnaire.

Haute-Savoie (074)

  • Règle générale. Limite de 5 L par personne et par jour en forêt publique : vérifié. Base juridique départementale, l’arrêté préfectoral n° 81/487 du 5 mars 1981 cité par la page de l’État : à confirmer (texte non lu).
  • Forêt publique : vérifié. Cueillette familiale présumée autorisée jusqu’à 5 L, sauf réglementation locale contraire.
  • Forêt privée : vérifié. Autorisation du propriétaire requise.
  • Parc national : non vérifié. Réserves naturelles : non recherchées ; plusieurs interdisent toute cueillette, vérifiez auprès du gestionnaire.

Dans tous les départements, renseignez-vous aussi sur les arrêtés municipaux de la commune où vous comptez cueillir.

Ce que la carte ne sait pas dire

  • Elle n’identifie aucun champignon. Une zone à prospecter désigne un endroit, jamais un contenu de panier.
  • L’indice classe des zones ; il n’annonce aucune récolte.
  • Elle ne modélise ni la propriété ni la réglementation locale : une zone à prospecter peut se trouver sur un terrain privé, dans une réserve ou sous le coup d’un arrêté.

Pour vous former à la mycologie, rapprochez-vous des sociétés mycologiques de votre région : elles organisent des sorties, des expositions et des permanences.

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